mardi 12 mai 2009

Fukuoka – Kagoshima (Kyushu 1ère partie)


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Notre arrivée au Japon n'a pas été des plus simples. Nous sommes arrivés en pleine "Golden Week", où les Japonais s'octroient trois jours de congé, donc presque tous les hôtels étaient pleins. Ensuite il faut nous habituer à ce que presque personne ne parle ou n'ose parler l'anglais. Et il est rare de trouver des inscriptions lisibles sur les appareils, produits, cartes, ... Mais à force de persévérance, on finit toujours par se débrouiller, et nous trouvons finalement deux chambres à un lit dans le même hôtel!

Le lendemain matin quand il nous faut regonfler nos pneus après nos vols BaliSingapourFukuoka, notre petite pompe lâche. Et la réceptionniste ne trouve pas de marchand de vélo ouvert, difficile de lui expliquer qu'il nous suffirait d'une station d'essence puisque nos valves Schrader sont identiques à celles des voitures. Nous errons un peu à la recherche d'une station d'essence, et oui, les Japonais ont bien des valves Schrader sur leurs voitures. Tout compte fait, ce n'était pas garanti, puisque nos téléphones mobiles tribande sont incompatibles eux avec les standards japonais!

La première journée à vélo se déroule sous une petite pluie fine, mais qui augmente en intensité durant la journée. Après plusieurs heures à travers une ville qui n'en finit pas, nous nous retrouvons sur ce qui ressemble à une autoroute, et nous jetons l'éponge. Il nous faudra quand même encore deux heures pour trouver un hôtel avec une chambre de libre. Pour la première fois depuis longtemps, nous mettons le climatiseur sur mode chauffage, tant pour nous réchauffer que pour sécher nos affaires!

Le lendemain, grand beau temps! Nous modifions l'itinéraire initial que nous avions trouvé sur Internet, et finissons par trouver une magnifique piste cyclable qui nous amène sans voitures à Kumamoto. Nous y faisons un jour de pause pour visiter son superbe château reconstruit, et préparer la suite de notre itinéraire sur Google Maps. Nous allons éviter systématiquement les grands axes, et emprunter des petites routes de montagne très sympathiques. Les pentes sont souvent soutenues, mais pas au point de devoir pousser le vélo chargé comme c'est arrivé quelquefois à Bali.

Nous passons par Aso-san et Kirishima, deux régions volcaniques magnifiques. La caldeira d'Aso-san fait 128 km de circonférence et ce qui en fait la plus grande en activité. Nous grimpons avec nos vélos jusque sur le bord du cratère du Naka-Dake, peut-être pas la plus saine des activités étant donné la concentration des gaz sulfureux en zone orange (déconseillée aux cardiaques et asthmatiques). Le soir nous nous retrouvons prématurément dans un EMS alors que nous recherchions le camping (encore fermé à cette époque)! Il fait nuit quand nous trouvons un hôtel, et heureusement que nous avions prévu de camper car il n'y a plus que nos spaghettis à se mettre sous la dent!

Longue étape de montagne le lendemain. Nous n'atteindrons pas Ebino-Kogen, notre but du jour: même s'il n'est qu'à environ 20 km de Kiomachi où nous trouvons à nous loger, après 108 km et 1270 m de montée, la fatigue est bien là! Sage décision, car le lendemain c'est encore 1070 m de montée et 32 km à parcourir avant d'atteindre le plateau (Kogen) d'Ebino. Nous trouvons un camping, mais il n'y a que des magasins de souvenirs, pas de victuailles. On décide de rester quand même et le soir, l'autre occupant du camping, un monsieur japonais de la même génération que nous, nous invite à souper. Il ne parle pas un mot d'anglais, mais nous tire d'affaire. Le lendemain matin, il nous offre encore un paquet de café soluble, comment a-t-il deviné notre dénuement temporaire?

Les Japonais sont en général indifférents à notre présence (tout comme chez nous), ce qui nous change des salutations des Balinais, Malais et Thaïlandais. Mais il arrive que nous recevions avec plaisir des petits cadeaux spontanés de gens qui doivent nous admirer, ou nous plaindre!

Nous arrivons à Kagoshima par la presqu'île de Sakurajima, un autre volcan très actif: déjà 130 éruptions en 2009! Et en 1914, plusieurs villages ont été engloutis par la lave. Cette terre volcanique est parfois très fertile, les radis peuvent peser jusqu'à 35 kg pièce!

Nous redoutons un peu la suite de notre périple au Japon, car nous allons affronter dès fin mai la saison des pluies. Et, aux dires de nos interlocuteurs, ce ne sont pas des averses occasionnelles, mais plutôt des pluies continues. Nous allons sans doute prolonger notre séjour au Kyushu, île principale la plus septentrionale du Japon: nous nous y plaisons bien, et nous avons tout notre temps! Après avoir exploré la péninsule de Satsuma (au Sud de Kagoshima), nous allons remonter à vélo vers Fukuoka, mais bien sûr par un autre itinéraire encore à définir.