jeudi 1 juillet 2010

Monténégro - Dubrovnik


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Nous quittons l'Albanie et entrons déjà dans notre 25ème pays depuis notre départ en 2008, le Monténégro. On y retrouve progressivement plus de circulation et de touristes, slaves pour la plupart. Nous y faisons quand même de belles découvertes: les Stari Grad (vieilles villes) sont nombreuses le long de la côte, et fort bien conservées ou restaurées.

Nous faisons le tour d'une baie qui s'apparente à un fjord dans son écrin de montagnes avoisinantes, et découvrons la vieille ville de Kotor, inscrite au patrimoine de l'Unesco (il faudra aussi que l'on se mette à les compter!). En voulant retrouver le calme des petites routes nous nous élevons de 600 m, l'occasion de découvrir ces superbes panoramas de fjord depuis plus haut, mais il nous faut redescendre ensuite moins de 10 km plus loin que le départ de notre montée: essayé, pas pu!

Après l'Albanie, les supermarchés semblent opulents, mais toujours impossible de s'y procurer le lait condensé que nous aimons rajouter au Nescafé: le sevrage dure!

A Herceg Novi, pas loin de la frontière avec la Croatie, un orage violent éclate et nous nous réfugions sous un tunnel à caddies, le temps que dure la trombe d'eau. Un motocycliste nous y rejoint, puis nous invite chez lui: c'est un journaliste Serbe, réfugié en Norvège depuis la guerre. Il s'est acheté un appartement à Herceg Novi pour y passer ses vacances et en prévision de sa future retraite.

Un cycliste allemand de rencontre nous a brossé un tableau si sombre de la circulation aux abord de Dubrovnik que nous empruntons un bateau pour parcourir les 15 derniers kilomètres. Il nous amène directement au vieux port, et nous entrons donc directement dans la vieille ville avec nos vélos. Dubrovnik est bien sûr une destination très touristique, mais c'est un vrai joyau. Les séquelles de la guerre de 1991-2 ne sont pas visibles, la réfection a été parfaite.

Nous restons trois nuits à Dubrovnik, le temps de la découvrir au lever du soleil, de faire le tour de ses remparts, ... et de se reposer un peu.

Nous prendrons ensuite un bateau jusqu'à Split, la côte dalmate, surtout entre Split et Dubrovnik, n'est pas recommandée aux cyclistes, et il n'y a pas d'itinéraires alternatifs. De Split nous avons préparé un itinéraire qui devrait nous mener à Kranjska Gora (Slovénie) avec un minimum de grandes routes.

dimanche 27 juin 2010

Nord de l'Albanie: génial


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Malgré un temps devenu maussade (on a du attendre deux jours à Peshkopi que la pluie se calme), l'Albanie continue à nous plaire énormément: c'est un vrai paradis pour les cyclistes, tant la circulation y est ténue, le paysage superbe et les gens accueillants. Le tourisme y est encore balbutiant, mais il est facile de s'y débrouiller et d'y bien vivre. On trouve toujours quelqu'un qui parle italien, anglais, allemand ou même français: rien à voir avec la Chine ou le Japon! Les hôtels sont toujours propres, avec eau chaude et la plupart du temps climatiseur et TV (on n'a utilisé ni l'un ni l'autre, tant psi pour le foot). Au restaurant on trouve toujours au moins de la salade, un plat de viande ou poisson, accompagnés de pain, pâtes ou des inévitables mais trop grasses frites.

L'étape de Peshkopi à Kukes, sur route naturelle détrempée voir boueuse, est assez longue et difficile, mais se déroule dans une contrée très sauvage: depuis le lac d'Ohrid (un des plus vieux lacs sur cette terre), nous avons suivi le Drin Noir, un tracé logique malgré la journée en Macédoine, et une préparation d'itinéraire de toute dernière minute.

Nous y rencontrons Winni, un cycliste de Constance qui écume les petites routes des Balkans, et qui nous rassure sur la faisabilité de la suite de notre itinéraire.

Depuis Kukes, nous nous écartons un peu du Drin (il a perdu son qualificatif de "Noir" après sa rencontre avec le Drin Blanc) pour découvrir les montagnes du Nord (Parc National du Theth et sa vallée mythique de Valbona). La route qui y mène est en cours d'élargissement, mais Valbona n'est pas encore une station touristique vraiment à la mode. Le seul hôtel, tout au bout de la route, est déjà plein quand nous arrivons, c'est l'occasion de ressortir une fois la tente que nous trimbalons sans beaucoup l'utiliser.

Nous redescendons ensuite sur Fierze et le lendemain nous prenons le ferry qui suit ce lac jusqu'au barrage suivant, Koman. Ce trajet est extraordinaire, le ferry semble parfois avoir juste la place de passer entre deux falaises abruptes. Le brouillard du matin se dissipe lentement et rajoute au mystère et à la féerie de ce trajet.

De Koman nous retrouvons une petite route toujours aussi peu fréquentée (les quelques véhicules qui ont emprunté le bac y sont passés bien avant nous). Elle nous mène à Shkoder, une ville un peu plus grande, et déjà notre dernière étape en Albanie. Nous nous y payons un cinq étoiles, l'autre hôtel de la ville semblant vraiment minable.

Nous aurons eu beaucoup de chance de revoir notre itinéraire juste avant de partir de Corfou pour éviter la côte Méditerranéenne, puis de rencontrer le couple de Français à Korçë qui nous ont montré leur guide et parlé avec enthousiasme du Nord de l'Albanie; en voiture ils n'ont pas osé emprunter la route de Peshkopi à Kukes. Le Petit Futé parlait d'une route fabuleuse mais dans un état déplorable et réservée au 4X4: juste de quoi titiller notre curiosité!

Il reste un autre itinéraire à découvrir, plus difficile selon le guide albanais rencontré à Valbona: un autre circuit au départ de Shkoder et passant à Theth: celui-là on le garde pour une autre virée en Albanie!

La suite de notre périple devait suivre la côte Méditerranéenne du Monténégro, puis de la Croatie. Nous allons aller jusqu'à Dubrovnik que nous n'avons pas encore visité, puis nous prendrons un ferry jusqu'à Rijeka: après l'Albanie, nous ne supporterons plus ces routes côtières surchargées en trafic et en touristes.

vendredi 18 juin 2010

Coup de coeur: l'Albanie


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Notre projet initial était de suivre la côte Méditerranéenne. Mais est-ce un bon choix? Souvent les routes de la côte sont surchargées de trafic et de stations balnéaires, nous l'avons déjà expérimenté en Turquie entre Antalya et Marmaris. Nous avons donc opté pour un itinéraire plus intérieur, mais plus long, car plus sinueux et montagneux.

Dès que nous sommes sortis de Sarandë où le ferry de Corfou nous a déposés, nous découvrons des petites routes très peu fréquentées, un vrai paradis pour les cyclistes. Et dire que la circulation en Albanie est réputée très dangereuse: cliché si l'on choisit bien son itinéraire! Il y a beaucoup de petits mémoriaux au bord de la route, probablement témoins de décès d'accident de la route, mais n'y en aurait-il pas aussi plein le long de nos routes si nous avions aussi cette habitude?

Nous rencontrons quatre autres cyclo-touristes Autrichiens cette première journée en Albanie; il y avait bien longtemps que cela n'était pas arrivé. Nous passons notre première nuit à Gjirokaster, dont la vieille ville très typique avec ses toits en pierres naturelles est classée au patrimoine de l'Unesco.

Après la Turquie et surtout la Grèce, l'Albanie est très bon marché: espresso italien 0.50 CHF, chambre double 20-30 CHF. Et le Leke valant exactement 1 centime suisse, les conversions sont faciles!

Il commence à faire beaucoup plus chaud, aussi adaptons-nous notre horaire en conséquence: réveil vers 5 h, vélo entre 6 et 13-14 h, puis sieste et récupération avant les courses, visites et repas du soir.

Les Albanais des campagnes sont très accueillants et ont l'air heureux malgré la simplicité de leur vie. Les ânes, carrioles et autres attelages nous font penser à l'Asie Centrale, mais les paysages y sont bien plus verts: cela augurera-t-il des périodes plus pluvieuses?

Les villes elles aussi, avec leurs immeubles décatis voire presque en ruines, nous rappellent l'Asie Centrale. Le chômage doit y être important à voir le nombre de désœuvrés.

Après avoir croisé une bonne dizaine de camping-cars allemands, c'est un groupe de vingt camping-caristes italiens qui nous dépasse; une telle invasion dans ce paysage bucolique nous dépasse aussi! N'osent-ils pas voyager tout seuls en Albanie??? En tout cas notre mode de voyage nous vaut des expériences qui leur resteront inconnues: un paysan juché sur son cheval nous arrête pour nous offrir des cerises. Au café du village suivant, la tenancière, une dame joviale qui nous raconte en albanais s'être fait fouillé par les douaniers grecs (la frontière est à trois heures de marche) qui cherchaient de la drogue: elle n'avait pourtant pas l'air d'une trafiquante! Sachant qu'une rude montée nous attend, elle nous offre chacun un gros verre de yoghourt de sa fabrication: délicieux!

A Korçë, nous avions prévu de rallier Tirana, puis la côte. Un couple de français qui mangeaient dans la même brasserie nous prêtent leur guide et nous vante le Nord de l'Albanie, où un ferry de rivière pallie partiellement au manque de routes. Du coup nous re-programmons la suite de notre voyage. Nous empruntons sur une journée une route en Macédoine excellente et sans trafic elle aussi, et qui nous permet de rallier Peshkopi beaucoup plus vite que par l'Albanie. Et nous descendons déjà le Drin Noir, comme nous allons continuer à le faire en Albanie de Peshkopi à Kukes.

La pluie nous rattrape le jour où nous voulions nous engager dans cette gorge du Drin Noir, sur une route réputée fabuleuse mais réservée au 4x4. C'est dimanche, le jour du repos, n'est-ce pas? Nous restons donc au sec dans notre chambre d'hôtel, et profitons du temps libre pour écrire cet article!

L'Albanie est truffée de petits bunkers individuels en forme de champignon: ils auraient été construits dans les années 1970, au moment où l'Albanie craignait d'être envahie. Si cela s'était produit, chaque Albanais se serait-il enfermé dans son bunker pour défendre son pré carré contre l'envahisseur? Cela semble aussi ridicule que nos abris de Protection Civile suisses où nous serions censés nous enfermer en cas d'attaque nucléaire, mais que nous devons continuer à entretenir, ce qui ne semble pas le cas des bunkers Albanais!

Autre particularité étonnante: la très grande majorité des voitures en Albanie sont des Mercedes! On peut souvent compter jusqu'à 10 Mercedes ou plus, avant de croiser une voiture de marque différente. Certaines sont vétustes, mais on en voit aussi en très bon état. Est-ce la seule marque capable de résister aux conditions des routes albanaises? Les Albanais semblent le penser, mais comment font-ils pour se les payer, même d'occasion?