samedi 6 juin 2009

Chugoku - Shikoku


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Pourquoi ce titre? Commençons donc par une courte leçon de géographie. Le Japon comprend quatre îles principales (sur les 4 000 de l'arc insulaire), qui représentent plus de 95 % du territoire. Du sud au nord, Kyushu que nous avons traversé deux fois, Shikoku, l’île de la mer intérieure, Honshu, la plus grande et la plus peuplée, et enfin tout au nord, Hokkaido.

Pour passer du Kyushu à Shikoku (voir la carte ci-dessus), nous avons traversé l'ouest du Honshu, région appelée Chugoku.

Peu après avoir quitté Shimonoseki, nous traversons des régions essentiellement rurales et très tranquilles. Nous découvrons de très belles petites routes désertes entre les lapiaz d'Akiyoshi-dai et la petite ville de Hagi, sur la côte nord.

Dans la campagne, nous voyons beaucoup de personnes âgées qui travaillent dans leurs jardins ou leurs champs. A force d'être courbées toute la journée, ou est-ce leur âge vraiment avancé, elles semblent avoir de la peine à se relever ou se déplacent avec un déambulateur, voire une chaise roulante électrique. Une ou deux fois, on rencontre même de ces chaises sur la route en pleine campagne ou montagne! Une autre fois c'est un petit magasin de montagne tenu par un couple d'au moins 80 ans, lui complètement sourd, elle se déplaçant avec peine sur son déambulateur. Avec un taux de fécondité de 1.25 enfant par femme, la population du Japon a commencé à décliner en 2005, ce qui, avec l'immigration quasi-nulle, et l'espérance de vie la plus élevée au monde, pose de graves problèmes. Le recul de l’âge de la retraite est à l’ordre du jour, et certaines personnes âgées commencent même à être réembauchées pour combler le manque de plus en plus apparent de main-d'oeuvre (référence Wikipédia). On mesure notre chance d'avoir pu prendre notre retraite à 60 ans!

Hiroshima: pour la première fois, nous voyons plusieurs touristes occidentaux. De ce fait, le niveau d'anglais des Japonais y est bien meilleur, et même les petits restaurants vous proposent une carte en anglais! Comme quoi, à très long terme, la bombe atomique a quand même un aspect positif! Humour très mal placé, car justement la ville d'Hiroshima fait un effort remarquable pour que l'on n'oublie pas l'horreur de l'arme nucléaire, et s'engage beaucoup pour tenter de l'éradiquer complètement à l'horizon 2020. On pourrait plutôt se demander ce qui attire les touristes à venir à Hiroshima. Eh bien nous vous encourageons vivement à visiter le Peace Memorial Park, qui ne laisse aucun visiteur indifférent quand à l'atrocité de l'arme nucléaire et aux dangers extrêmes qu'elle fait courir à l'humanité.

Pour passer du Chigoku (Honshu) à l'île intérieure du Shikoku, nous empruntons la piste cyclable du Shimanami: nous traversons 6 autres îles et donc 7 ponts plus beaux les uns que les autres, et surtout prévu pour bien séparer les cyclistes du trafic motorisé. C'est magnifique, quelques vues nous rappelle le Lavaux, sauf que les vignes c'est du thé, le Léman c'est la mer, et qu'il manque juste les Alpes!

Le Shikoku est une île très montagneuse quand même: nous y passons un col à 1450 m. La vallée de l'Iya est quasi-confidentielle à cette saison. On s'arrête dans tous les petits magasins pour s'y approvisionner tant bien que mal (ne nous vous apitoyez quand même pas trop, c'est beaucoup plus facile qu'au Pamir!). Le mauvais temps (nuageux, pluies éparses) nous ramènent vers Takamatsu et la civilisation.

On nous pose fréquemment des questions sur le coût de la vie au Japon. Oui, après les pays du Sud-Est asiatique, le Japon est cher. Pour deux personnes, difficile de trouver une chambre à deux personnes pour moins de 90 à 120 francs suisses (mais les voyageurs seuls dépensent deux fois moins, une exception parmi tous les pays déjà visités). On peut manger pour environ 10 à 15 CHF dans un restaurant, et la nourriture que nous achetons dans les super-marchés nous semble souvent plus chère qu'en Suisse; mais les produits de base japonais (tofus, pousse de soja, ...) sont moins chers. Les bistrots sont très rares au Japon, et un simple café y coûte environ 5 CHF. Pour le type de dépenses que nous avons, le Japon est donc globalement un peu moins cher que la Suisse, mais il faut bien regarder les prix pour éviter de mauvaises surprises.

On ne fait pas beaucoup de progrès en japonais, mais soulignons l'extrême gentillesse de la plupart des gens à qui nous nous adressons pour nous aider à trouver ce que l'on cherche. Même sans parler l'anglais, ils savent se faire comprendre à force de sketches, ou même en nous amenant à l'endroit que nous cherchions.

La suite de notre voyage au Japon va nous ramener, via la petite île de Shodo-Shima, à Himeji, célèbre pour son château. Puis ce sera la traversée de l'immense métropole d'Osaka, ça va nous changer de la vallée de l'Iya! Mais il y a Kyoto et Nara juste après, et on ne voudrait pas les manquer!

samedi 23 mai 2009

Péninsule de Satsuma et côte Est du Kyushu


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Les cyclistes qui traversent le Japon partent ou arrivent en général au cap Sata, à l'extrémité Sud du Kyushu, péninsule d'Osumi. Nous avons préféré découvrir la péninsule d'en face, Satsuma, qui présente plusieurs points d'intérêt:
  • Chiran, et ses maisons de samouraïs aux jardins très travaillés

  • Le beau lac d'Ikeda, qui occupe une caldeira volcanique de 11 km2

  • Le mont Kaimon, un volcan de 924 m d'altitude, un cône si régulier qu'on le surnomme le Fuji de Satsuma

  • La ville d'Ibusuki, renommée pour ses bains de sable chaud au bord de la mer

Un bac nous a ensuite ramené sur la péninsule d'Osumi pour rejoindre, en 9 jours l'extrémité Nord du Kyushu, en longeant à peu près la côte Est du Kyushu. tantôt montagneuse et sauvage, tantôt plus plate et plus habitée.

Nous avons pu camper trois fois au Kyushu, et chaque fois ce fut une expérience enrichissante. Nous avons déjà mentionné la gentillesse du Monsieur qui nous a invité à Ebino-Kogen, et le camping de Shibushi avec WiFi, la troisième expérience fut une nuit à la plage de Sumie, camping sauvage tout confort et dans un cadre magnifique.

Les restaurants japonais ne sont pas tous faciles pour le touriste étranger qui ne comprend ni ne lit le japonais. On doit parfois se décider sans savoir ce qu'on va manger ni combien cela va coûter! A Nakatsu, nous vous recommandons chaleureusement le restaurant "Kuhutong" dans la galerie commerciale qui part de la gare: spécialisé dans les grillades, il nous a offert un deuxième plat et les desserts quand nous lui avons raconté comment nous découvrions le Japon!

Nous avons découvert la ville d'Usuki, complètement négligée par le Lonely Planet, mais la plus jolie bourgade historique que nous ayons vu au Kyushu.

Nous venons de quitter le Kyushu en empruntant le passage sous mer dédié aux piétons et cyclistes. A peine engagé dans ce couloir, une voix retentit dans les haut-parleurs. On profite de notre ignorance du japonais, et continuons à vélo. A la cinquième injonction, on finit par entendre "Bicycle Stop", et croisons un cycliste qui pousse son vélo. On finit donc le reste à pied comme les autres! A la sortie, un officiel nous aborde, mais ce n'était que pour nous réclamer le péage de 20 Y par vélo!

vendredi 15 mai 2009

10'000 ème kilomètre demain

Nous profitons de notre connection WiFi au camping de Shibushi pour donner brièvement de nos nouvelles. C'est un peu surréaliste de taper ce message de nuit, sous les pins, avec pour seule lumière celle de mon écran, et les vagues comme bruit de fond: comme nous sommes les seuls clients, on a l'impression de faire du camping sauvage!

Nous allons parcourir demain ou après-demain notre 10'000ème km à vélo depuis que nous sommes partis le 1er mai 2008 de Lausanne. Ce moyen de locomotion nous a apporté plein de découvertes, à un rythme qui nous permet encore de saluer les gens que nous rencontrons (sauf dans les descentes!).

Hier nous nous sommes faits enterrer vivants dans les sables chauds d'Ibusuki: même pour les Japonais, c'est une variante d'onsen très particulière, réputée quatre fois plus efficace que les bains chauds traditionnels, grâce au poids du sable qui active la circulation sanguine. Les onsens (bains chauds de source naturelle) sont une institution très fréquente au Japon, terre volcanique: il y a les bains publics, privés, beaucoup d'hôtels, voire d'auberges de jeunesse ou de campings en ont aussi un.