samedi 11 octobre 2008

Shimla, McLeod Ganj (Dharamsala)


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Ces deux villes sont toutes deux situées sur une colline abrupte, il faut dire qu'en Himachal Pradesh, presque toutes les collines le sont.

Shimla, capitale de l'état d'Himachal Pradesh, est une ville fondée par les Britanniques. Comme Zermatt, c'est une ville essentiellement piétonne, une rareté en Inde (c'est la première fois qu'on en voit une). Les deux premiers jours, après son accident, Alain aurait préféré pouvoir prendre quelques taxis, Ursula aussi avec son entorse. Mais nous y sommes restes cinq jours, et nous avons pu profiter de notre mobilité retrouvée (et du beau temps revenu) pour explorer cette ville très particulière:
  • le centre ville se situe sur une crête Est - Ouest
  • des deux cotes Nord et Sud, c'est le plongeon dans des ruelles en escaliers et des bazars très vivants
  • beaucoup de touristes, mais la plupart sont Indiens
Mc Leod Ganj, 500 m au-dessus de Dharamsala, doit sa popularité au Dalai Lama venu s'y réfugier en 1959. Si Dharamsala est une bourgade indienne comme bien d'autres, McLeod Ganj, une toute petite agglomération, est devenue un spot pour touristes occidentaux, qui y sont presqu'aussi nombreux que les Tibétains.
  • Coté positif: on y mange très bien, de nombreux restaurants y proposent une cuisine variée (tibétaine, indienne, chinoise ou italienne) et bon marche
  • Cote négatif: l'abondance de touristes, donc d'attrapes-touriste classiques (mendiants, charlatans, boutiques de souvenirs, ...)
Nous allons tout de même y rester quelques semaines. Les Tibétains se sont bien organisés et proposent plusieurs programmes de volontariat pour les aider. Voici donc Ursula engagée comme professeur de français pour cinq adolescents débutant, tandis qu'Alain donne des cours d'ordinateur a huit élèves dont cinq moines !

Nous avons trouve une chambre très ensoleillée et calme, avec grand balcon donnant au Sud et a l'Est, après être passe par deux chambres quasi-borgnes.

Nos intentions pour le programme de ces prochains mois:
  • Rester a McLeod Ganj jusque vers mi-novembre pour honorer nos engagements
  • Puis visiter le Rajasthan en touristes sac a dos (plus de vélo en Inde !)
  • Rentrer en Suisse pour 1-2 mois vers mi-décembre

dimanche 5 octobre 2008

L'accident (avec un petit a) (Manali - Shimla)


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De Manali, nous allons rejoindre Shimla par une route peu fréquentée, mais qui nous fait passer par le col de Jalori, 3135 m, tellement raide que nous devons pousser nos vélos sur au moins 10 km. On va s'en souvenir aussi bien que de la montée à May Salong en Thaïlande, route encore plus raide mais goudronnée.

Les 6 premiers km de descente ne sont pas meilleurs ni moins raides, on ne va pas plus vite sur le vélo qu'à pied. Ensuite la route s'améliore et nous offre une descente superbe jusqu'à Lhuri, 800 m d'altitude.

Le Rest House de Lhuri n'est guère accueillant, la chambre que l'on nous offre ressemble a une cellule de prison, à un prix de palace: manifestement, les fonctionnaires gardiens des lieux n'ont pas du tout envie de travailler ! Nous remontons jusqu'à Sainj, 840 m, où nous trouvons un hôtel correct.

Le lendemain, il nous faut remonter presque toute l'altitude perdue la veille: notre objectif, Narkanda est a 2718 m. Nous partons tôt pour profiter de la fraîcheur, qui se maintient bien puisque nous gagnons progressivement de l'altitude. Narkanda n'est pas inoubliable, on a de la peine à comprendre comment ce relais routier peut se transformer en station de ski en hiver: toute la région est trop pentue et il n'y a pas de remontées mécaniques. Peut-être est-ce comme au Rothang, où nous avons vu quelques Indiens s'essayer au ski en faisant quelques centaines de mètres le long de la route, le plus a plat possible.

Entre Narkanda et Shimla, la route descend principalement, mais en restant sur la ligne de crêtes et sans être jamais raide.

Et soudain, un chauffeur de camion négligent passe trop près d'Alain et le heurte en le dépassant. Heureusement qu'Alain portait son casque ce jour-là, sinon c'eut été le drame. Légère commotion et bonnes contusions, les radios de contrôle à Shimla ne montrent pas de fractures, ouf ! Consultation gratuite, 45 roupies pour 3 radios (40 centimes la radio), l'Indira Gandhi Medical College n'est vraiment pas cher !

Côté dégâts matériels, les choses se présentent moins bien: le camion est passé par dessus les bagages arrière, détruisant sacoches et porte bagages. Le contenu des sacoches n'est bien sur pas épargné, même la fermeture éclair du sac de couchage est endommagée. Heureusement que le chauffeur de camion, qui n'a pas pris la peine de s'arrêter, n'a pas encore jeté son mégot de cigarette pour mettre le feu à la bouteille d'essence écrasée! Le vélo a été miraculeusement peu touché, seule la roue arrière était méchamment voilée avec deux rayons cassés. Alain a profité de son repos forcé pour la remettre en état. Notre itinéraire des 2 prochains mois (qui devait nous faire traverser l'Uttarakhand, le Népal et le Sikkim, enfin rejoindre Calcutta) est tout-à-fait compromis.

Pour faire bonne mesure (ou par solidarité ?) Ursula s'est tordu une cheville à Shimla: voila donc les deux pédaleurs errants transformés en piétons boitant piteusement! Mais rassurez-vous, le moral reste bon.

La suite de notre périple n'est pas encore bien définie: nous allons rester quelques jours à Shimla pour nous remettre, puis probablement gagner Dehli pour voir si nous pouvons changer nos billets d'avion (Calcutta - Zurich le 10 décembre, puis Zurich - Dehli le 21 janvier), et y laisser nos vélos si nous restons en Inde jusqu'au 10 décembre.

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vendredi 26 septembre 2008

L'Aventure avec un grand A (Sarchu - Manali)


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Le matin du 19 septembre, le ciel reste bouché et la limite de la neige est toute proche. Sous les applaudissements des touristes en jeep, nous enfourchons tout de même nos bécanes en direction du Barlacha La. Il continue de neiger. A Bharatpur (quelques tentes-parachute), nous nous réchauffons au-dessus d'un réchaud a kérosène en compagnie de deux cyclistes espagnols qui ont renoncé à gravir le col à cause du mauvais temps et d'une centaine de véhicules bloqués par la neige: la plupart ont des pneus complètement lisses !

Nous arrivons avec peine à nous faufiler avec nos vélos sous le regard surpris des camionneurs et touristes bloqués. Quelques camions sont en très mauvaise posture. Puis c'est la solitude et nous poussons nos vélos jusqu'au Barlacha La, 4960 m, en pleine tempête de neige et dans 10-15 cm de poudreuse.

Nous réussissons à faire la descente à vélo (lentement), il n'y a pas de véhicules bloqués de ce côté du col. Mais, contrairement à notre attente, plus nous descendons, plus il y a de neige sur la route.

Nous sommes vraiment soulagés d'atteindre les tentes-parachute de Zingzingbar, 4380 m. Nous y passons la nuit à secouer la tente pour éviter qu'elle ne s'affaisse tant il neige. Vers 22h30, deux Allemands, Lars et Daggi, nous rejoignent après une descente a pied depuis le col où leur véhicule s'est bloqué. Ils ont eu un courage extraordinaire et beaucoup de chance d'échapper aux avalanches qui se succédaient lors de leur descente, et d'avoir enregistré sur leur GPS notre point de chute où ils s'étaient restaures à la montée. Mais ils ont le sentiment d'avoir échappé à la mort s'ils étaient restés dans leur véhicule bloqué.

Nous allons passer trois jours entiers à Zingzingbar: le premier jour il continue de neiger toute la journée, le deuxième heureusement il fait grand beau. Nos vélos sont complètement recouverts par la neige, il y en a maintenant au moins un mètre, et les avalanches continuent de tomber. Le troisième jour, sous l'effet du réchauffement du jour précédent et de la nuit très froide (-10C), la situation s'est stabilisée. Lars et Daggi repartent a pied dans 40 cm de neige tassée mais pas assez solide pour soutenir le poids d'un homme, sans raquettes.

Bien sur il nous est impossible de les suivre avec nos vélos. Heureusement, vers 15 h, trois bulldozers dégagent à peu près la route jusqu'à nous. Nous repartons immédiatement(il recommence a neigeoter), mais la neige fondante est plus glissante que la poudreuse d'il y a trois jours. Après 15 km nous trouvons Matthias et Prisca, deux cyclistes suisses qui tentent de remonter vers Leh. Impossible, le Barlacha La reste ferme. Nous rejoignons donc ensemble Keylong, ou nous arrivons enfin a échanger des SMS avec notre fille Stéphanie. Soulagement, elle va mieux après les problèmes liés a son récent accouchement.

Le monde est petit: en discutant avec Matthias, on s'aperçoit qu'il connaît bien Stéphanie, ils font tous deux partie du club d'aviron romand de Zürich !

Nous décidons de rejoindre tous les quatre Manali (2050 m) en taxi: le Rothang La, dernier col à franchir, est rouvert mais en très mauvais état (neige, boue, énormes flaques). Le col d'accès au Spiti est bien sûr reste fermé, mais même s'il avait été rouvert, nous n'aurions probablement pas eu envie de tenter le diable et de nous engager à nouveau en haute altitude. Ce sera pour une autre année, mais un peu plus tôt en saison !

Le temps est revenu au beau et nous profitons du confort de Manali pour nettoyer notre équipement, reprendre un peu de souffle, gérer nos courriels, et mettre à jour ce site.

La suite de notre voyage sera probablement de traverser l'Inde en direction du Nepal, puis rejoindre le Sikkim. Puis, vers la fin de l'année, nous ferons un saut en Suisse pour venir faire connaissance de notre petit-fils Sylvain, et bien sûr revoir famille et amis. A bientôt donc !