vendredi 21 octobre 2011

Traversée des Andes: Mendoza - Santiago


Diaporama plein écran



Il nous faut presque deux heures pour sortir de l'agglomération de Mendoza. Nous prenons un raccourci qui nous fait traverser des vignes, le raisin aura une vue splendide sur les Andes (au printemps, il n'est pas encore sorti).

Nous faisons halte à Potrerillos, au bord d'un lac, et découvrons le charme des cabañas louées aux touristes: c'est plus grand qu'une chambre d'hôtel, et on peut y cuisiner. Une aubaine car on se lasse vite de l'excellente viande mais servie en trop grosses portions dans les restaurants de la région.

Le lendemain, le paysage que suit la roue N°7 est grandiose, et la circulation encore acceptable. Il faut juste savoir se mettre sur le bas-côté quand deux camions se croisent à votre hauteur, mais ce n'est pas trop fréquent. Il fait grand beau, et nous arrivons vers 13 h à Uspallata, notre étape du jour. C'est dans ce superbe décor naturel qu'a été tourné le film "Sept ans au Tibet".

La montée entre Uspallata et Los Penitentes est plus difficile à cause d'un vent violent à partir de 11 h: Alain se retrouve même une fois les quatre fers en l'air, et depuis, nous poussons tous les deux le vélo dans les rafales les plus violentes. On croyait devoir attendre la Patagonie pour rencontrer de tels vents. On se met à regretter de ne pas être chauffeurs de camion, ils sont bien plus peinards que nous dans leur cabine!

Heureusement on trouve un appartement à louer à Los Penitentes (un endroit qui porte bien son nom!), mais ni restaurant ni magasin. Les repas se font donc spartiates, il nous reste juste 250 g de spaghettis et un peu de fromage. On est tout-à-fait hors saison, trop tard pour le ski, trop tôt pour la randonnée estivale.

On se lève tôt le lendemain, sans avoir complètement récupéré de l'effort de la journée précédente. Peine perdue, il n'y a qu'une légère accalmie de vent vers 8h. On continue de remonter la vallée alors que ce coquin de vent, lui, s'obstine à la redescendre. On passe au Puente del Inca, une arche naturelle aux couleurs superbes sous l'effet d'un ruissellement d'eau sulfureuse. Un car de touristes s'arrête, mais bizarrement aucun ne va voir cette curiosité naturelle. On doit passer devant l'Aconcagua, mais son sommet est recouvert d'un nuage caractéristique du viento blanco. Bien sûr le col Cristo Redemptor (près de 4000 m) est encore enneigé à cette saison, une aubaine car aurait-on eu le courage de le faire? Dès que nous arrivons au tunnel (3216 m), une estafette nous le fait traverser gartuitement: bravo les Argentins!

Du côté chilien, la pente est plus abrupte, et il y a plus de neige, et plus de verdure en contrebas: les Andes doivent faire effet de barrage aux nuages venus du Pacifique. Puis commence une longue descente, parfois impressionante avec tous les lacets qui se succèdent. Maintenant qu'on descend le vent lui remonte, mais la pente est suffisante pour avancer sans effort. On rencontre 3 Anglais qui rallient Santagio à Buenos Aires. Ils sont en vélo de course, avec voiture suiveuse. Ils nous indiquent une petite auberge qui loue des cabanons, et nous nous y arrêtons avec plaisir.

La descente continue, et la température monte jusqu'à 30°C la journée en plaine. Entre Los Andes et Santiago nous sommes accueuillis chaleureusement par Cecilia, la boulangère de Casas de Chacabuco, qui nous laisse camper dans son jardin et utiliser sa douche oh combien appréciée! 6 jours après avoir quitté Mendoza nous voici donc arrivés à Santiago où nous allons faire une pause d'un jour ou deux.